Sarkozy : « 8.5 / 20 »
L'histoire retiendra sûrement du débat de l'entre deux tours de l'élection présidentielle 2007, une passe d'arme sur la politique du handicap, mais contrairement à ce que disaient la plupart des médias de connivence dès la fin de l'émission, ce n'est pas le courroux de la candidate socialiste qui fut l'acmé du débat, non, ce qui fut le temps fort de ce moment démocratique, c'est le flagrant délit « d'immoralité politique » du candidat de la droite.
Sarkozy est un bonimenteur, un cabot cynique qui s'autoproclame tantôt expert de sa propre fulgurance, tantôt larmoyant pour appâter l'électeur. Et lors de ce débat, il a joué les obséquieux et les gentils, sauf que le masque est tombé.
Le candidat UMP s'ingénie en eau basse à montrer qu'il est crédible, mais l'est-il vraiment ? Est-il bon pour le « job » comme il dit quand il parle de l'EPR comme d'une centrale de 4 ème génération, est-il convainquant quand il confond les maux de l'Afrique et le spectre sombre selon lui de l'immigration pour notre pays, est-il audible quand il dit à sa fameuse « majorité silencieuse » qu'abaisser le bouclier fiscal est une mesure de bon sens pour tous les français ?
Loin de son idée de la femme en politique et de la femme tout court (celle qui sera bien contente qu'il y ait des « études dirigées », qui existent déjà par ailleurs, pour ne pas faire faire les devoirs de ses enfants le soir !!!), Ségolène Royal ne fut pas soumise hier soir et elle a dit souvent plus de vérités indubitables que le candidat de l'UMP.
Enfin, il fut démontré que Nicolas Sarkozy n'est pas si brillant que cela sur maint sujet :
- Sur le « travailler plus pour gagner plus », peut-on encore croire après ce débat que cette mesure va créer de l'emploi, qu'elle sera le fruit d'une décision personnelle du salarié ou qu'elle ne va pas grever les comptes sociaux avec une baisse des cotisations ?
- Sur la fiscalité, malgré les rodomontades de Nicolas Sarkozy, peut-on encore espérer quand abaissant la fiscalité des riches et augmenter la TVA sur tous les ménages y compris les plus modestes, le candidat UMP va à la fois baisser les prélèvements obligatoires de 4 points et faire œuvre de justice fiscale et donc sociale ?
- Sur la dette, croit-on encore, après ce 2 mai 2007, que la France aura de meilleurs services publics quand un fonctionnaire sur deux ne sera pas remplacé ? Peut-on sérieusement trouver crédible quand ne remplaçant pas tous les douaniers et les fonctionnaires de la direction des services informatiques du ministère des finances on aura réduit de 225 000 le nombre de fonctionnaires tel que le souhaite Nicolas Sarkozy ?
- Sur les retraite, faut-il être grand clerc pour comprendre que la loi Fillon n'assure absolument pas de financement jusqu'en 2020 (puisqu'il est inscrit dans la loi qu'une révision et une « mise à plat » s'imposera dès 2008 !!!) ? Faut-il être un fin comptable pour constater que notre système de retraite ne pourra pas être financé simplement par la fin des régimes spéciaux ?
- Sur l'idée du « mouvement » face au supposé « immobilisme socialiste », est-ce crédible d'entendre le contempteur de la modernité prônée une France de rentiers (par la fin des droits de succession), de propriétaires (alors qu'il manque 200 000 logements sociaux rien qu'en Ile de France) et qui ne veut surtout rien toucher aux institutions de peur que l'on ouvre les portes et les fenêtres et que de simples citoyens s'y engouffrent.
- Enfin sur la Turquie, devrons-nous apprendre à Nicolas Sarkozy qu'il ne pourra pas user du veto français de manière préalable au processus d'adhésion qui vient à peine de commencer avec la Turquie ?
Ce qui fut donc sensible dans cette joute révélatrice, c'est que Nicolas Sarkozy, loin des évidences édictées par la domination masculine, n'était pas meilleur sur l'économique, le social, l'écologie, l'international, l'éducation..., que Ségolène Royal.
Et que restera t-il vraiment de ce débat ?
Que la droite réactionnaire que représente Sarkozy ne peut se déployer que dans la conflictualité des rapports sociaux et sociétaux, or ce projet est finalement tellement « invendable » qu'il est préférable d'adopter un profil bas aux heures de très grandes écoutes, au point d'être bousculé par Ségolène Royal.
Alors, à quelques encablures d'un vote décisif qui doit voir soit se régénérer la patrie des droits de l'homme et de l'égalité, soit voir s'abîmer nos idéaux républicains dans le noir dessein de l'autoritarisme libéral, il ne nous reste plus qu'une chose à faire : convaincre et convaincre encore pour que le 6 mai se soit la France présidente qui triomphe !
(Source : www.anti-sarko.net)