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    Laurent Fabius attaque la droite là où ça fait mal

    Laurent Fabius justifie la motion de censure en dénonçant l'alignement sur Bush. Il mène une attaque qui historiquement fait mal : la droite Française peut-elle s'américaniser ?

    Le propre de la politique gaulliste était d'incarner une droite qui ne puisse faire l'objet de soupçons d'atlantisme. Ce dernier reproche était d'ailleurs réservé sous la Vème République au centre de Jean Lecanuet puis au libéralisme d'Alain Madelin. Ce reproche fragilise considérablement les partis politiques visés car il sous-entend l'acceptation d'un libéralisme contraire aux courants culturels majeurs de la société Française.

    C'est cette dimension qu'active Laurent Fabius sachant très bien que Nicolas Sarkozy ouvre des brèches jusqu'alors impossibles pour de telles attaques.

    Ce qui est important dans la période actuelle c'est que la majorité présidentielle est en train de perdre la bataille du terrain culturel. Il y a une montée en puissance des valeurs de gauche au moment où le besoin de protection est plus fort que jamais face à un ralentissement économique désormais officiellement reconnu.

    Dans ce climat là, l'américanisation éventuelle de l'image de la droite serait un handicap important.

    Publié le 01 Avril 2008 sur www.exprimeo.fr


    Sarkozy et l'Otan: l'Atlantisme décomplexé... et risqué

    Par Pierre Haski | Rue89 | 02/04/2008 | 10H21

    L'envoi de renforts en Afghanistan et le sommet de l'Otan à Bucarest illustrent le virage prôné par le Président. Décryptage.

    Quelques pages dans un petit carnet de note illustrent la distance parcourue en un peu plus d'un an dans le positionnement international de la France. Mes premières notes portent sur un "briefing" d'un conseiller de l'Elysée à l'époque de Jacques Chirac, en novembre 2006:

    "L'Otan ne doit pas apparaître comme le gendarme d'un monde occidental bien pensant"... "l'Otan n'est pas l'alpha et l'omega de l'organisation de la sécurité internationale"... "le risque est que l'Otan devienne le club occidental de sécurité qui s'étendra au monde entier."

     

    Quelques pages plus loin, des notes toutes fraîches, lors d'un "briefing" de l'ère Sarkozy, il y a quelques jours:

    "Pendant trente ans, la France a été hypocrite. Elle a fait chier tout le monde, et elle y allait. On a joué au gaullisme à peu de frais. Nicolas Sarkozy dit clairement des choses qui étaient déjà dans les faits... Sa vision du monde: la France est dans le bloc occidental, c'est assumé, et c'est une rupture... L'Otan devient globale, y compris en Afrique".

     

    "Situer la France au sein de sa famille occidentale"

    Ces deux postures, à un an d'intervalle, sont au coeur du virage de la politique étrangère française, et ce tournant passe par l'Afghanistan, où la France va envoyer des renforts militaires, et par Bucarest, où Nicolas Sarkozy participe mercredi et jeudi au Sommet de l'Alliance atlantique.

    Le successeur de Jacques Chirac assume son positionnement en des termes que n'auraient jamais employés ses prédécesseurs. "Relisez son discours de politique étrangère le plus important, celui qu'il a prononcé devant le corps diplomatique le 18 janvier", souligne notre "briefeur". On est allé voir, et, de fait, il affiche la couleur:

    "J'ai d'abord voulu situer, franchement et nettement, et là est la première rupture, la France au sein de sa famille occidentale. (...) En se plaçant clairement dans sa famille occidentale, la France, et c'était mon objectif, accroît sa crédibilité, sa marge d'action, sa capacité d'influence à l'intérieur comme à l'extérieur de sa famille. D'ailleurs, comment espérer avoir de l'influence sur sa famille politique si, dans le même temps, on n'y a plus sa place ou si les membres de cette famille politique se méfient de vous? La capacité d'influence de la France sur sa famille occidentale tient à la clarté de son engagement et de ses choix.".

     

    Appelons cela l'Atlantisme décomplexé... C'est donc le choix de l'engagement au côté des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, signifié par les deux grands voyages et deux grands discours prononcés par le Président à Washington en novembre et à Londres la semaine dernière. Le choix du retour plein et entier dans les structures militaires de l'Otan qui semble quasiment acquis. Dans le même temps, on entend dans les allées du pouvoir des phrases comme "Kohl-Mitterrand, Verdun, le sentimentalisme franco-allemand, c'est fini"... Un choix stratégique qui tourne le dos à quarante ans d'histoire, et, de fait, renvoie le gaullisme au musée des lubies françaises: une partie de l'UMP appréciera.

    Faire intervenir l'Otan en Afrique?

    Les Américains ont répondu positivement à l'ouverture que leur a offerte Sarkozy. On a ainsi vu défiler à Paris des responsables américains qui venaient flatter l'égo national en soulignant que les Français étaient les seuls en Europe, avec les Anglais, à savoir se battre, et qu'on avait besoin d'eux en Afghanistan:

    "Les Allemands arrivent là-bas avec le mauvais matériel et ne veulent pas se battre, alors que vous, les Français, vous êtes bien entraînés et motivés, et avez l'expérience du désert"...

     

    Le choix de Sarkozy aurait du sens s'il y avait une stratégie clairement définie, au-delà du repositionnement dans l'espoir de prendre la tête d'une défense européenne ressortie de la naphtaline. L'Otan n'a pas de stratégie évidente, ni sur sa manière de gagner face aux talibans en Afghanistan, ce qui ne l'empêche pas d'accroître ses effectifs, ni sur son rôle dans l'organisation de la sécurité mondiale.

    Or, les deux nouveaux meilleurs amis de la France trainent toujours le boulet de leur engagement en Irak, et le lègueront sans doute à leurs successeurs, très prochainement à Washington, et peut-être aussi à Londres. Et, dans une fuite en avant de dernière minute, George Bush force la main à ses alliés pour engager des démarches d'adhésion pour l'Ukraine et la Géorgie, au grand dam de Vladimir Poutine qui sera vendredi à Bucarest pour faire, lui aussi, des adieux fracassants à ses ennemis préférés de l'Otan, et, sans doute, leur dire ses quatre vérités.

    L'Otan est devenue incontournable: cette alliance militaire qui n'avait pas tiré un seul coup de feu avant la chute du mur de Berlin, est aujourd'hui en plein essor, non seulement en récupérant les uns après les autres tous les pays ex-communistes, mais surtout en devenant, de fait, le bras armé occidental dans le monde entier. Oubliés les vieux débats sans fin sur le "hors zone", c'est-à-dire sur les interventions hors du "théâtre" historique de la guerre froide, au coeur de l'Europe. A Paris, on est même prêt à envisager de voir l'Otan intervenir en Afrique, drôle de rupture avec la Françafrique!

    Dans un monde où les institutions multilatérales comme l'ONU ont perdu toute capacité d'intervention, où les menaces sont diffuses et multiples, le discours sarkozyste a une logique de "bloc" qui peut sembler rassurante. Elle a toutefois l'inconvénient de s'aligner sans conditions sur des pompiers pyromanes, qui portent, avec leur unilatéralisme de la guerre d'Irak et leur incapacité à favoriser la moindre avancée dans les conflits du Moyen-Orient en général, une responsabilité majeure dans la dégradation du climat international. Pas vraiment rassurant, et les prochaines années montreront si la France ne sera pas sortie de son ambiguité diplomatique à ses dépens, pour paraphraser le Cardinal de Retz que Nicolas Sarkozy a choisi d'ignorer.


    Nicolas Sarkozy s'est inscrit sur les listes électorales le 3 janvier

    NOUVELOBS.COM | 02.04.2008 | 10:21

    C'est ce qu'affirme le Canard enchaîné. Or, les listes étaient officiellement closes depuis le 31 décembre.

    Nicolas Sarkozy le 16 mars 2008 à Paris

    Nicolas Sarkozy le 16 mars 2008 à Paris

    (AFP)

     

    Pour pouvoir voter aux municipales de mars dernier, Nicolas Sarkozy s'est inscrit sur les listes électorales du VIIIe arrondissement de Paris le 3 janvier, alors que les listes étaient closes depuis le 31 décembre, affirme le Canard enchaîné dans son édition parue mercredi 2 avril.
    Selon l'hebdomadaire satirique, "deux émissaires de l'Elysée" se sont rendus au bureau des élections de la mairie du VIIIe pour procéder à l'inscription du chef de l'Etat le 3 janvier. Le code électoral stipule qu'aucune inscription n'était plus possible après le 31 décembre 2007.
    Selon le Canard enchaîné, les deux émissaires ont fourni une attestation de résidence de Nicolas Sarkozy à l'Elysée antidatée, au 31 décembre, pour établir un bulletin d'inscription lui aussi antidaté. L'hebdomadaire cite comme sources des "confidences d'acteurs et de témoins" et des "incohérences informatiques et matérielles".

    "Je ne peux rien vous dire de plus"


    Nicolas Sarkozy votait jusque-là à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), mais depuis son déménagement il n'y avait plus aucune attache administrative. Sa radiation des listes électorales aurait donc pu être demandée devant un tribunal entre le 10 et le 20 janvier, le laissant dans l'incapacité de voter.
    Interrogé par le Canard enchaîné, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant a déclaré qu'à "la fin de l'an dernier on s'est posé la question de faire voter le président sur son lieu de résidence. Je ne peux rien vous dire de plus".
    Le maire UMP du VIIIe arrondissement François Lebel s'est dit quant à lui pas "au courant": "je vais faire ma petite enquête interne", a-t-il assuré. AP

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