• Au pays de Sarko... de MAM... d'EDVIGE.. et des Associations LGBT

    Les principales associations gay refusent de dialoguer avec Alliot-Marie

    NOUVELOBS.COM | 16.09.2008 | 14:23

    Alors que la ministre de l'Intérieur s'apprête à remettre une nouvelle copie du fichier controversé à Nicolas Sarkozy, les organisations de défense des homosexuels dénoncent également une "fausse concertation" et réaffirmé leur "opposition au principe même du fichier Edvige".

    (Sipa)

    Dénonçant une "fausse concertation", les principales associations de gays et lesbiennes ainsi que plusieurs organisations de défense des droits des malades ont annoncé, mardi 16 septembre, leur refus de participer aux discussions avec Michèle Alliot-Marie sur le fichier Edvige.
    Réuni lundi soir, le collectif "Non à EDVIGE" a laissé le choix aux organisations qui en sont membres d'accepter ou non les rendez-vous avec la ministre. Sur le fond, toutes sont d'accord pour exiger l'abrogation du décret qui a créé ce fichier controversé et exigent toujours une rencontre avec le Premier ministre François Fillon.
    Dans le cadre des concertations qui se tiennent cette semaine sur ce dossier, le ministère de l'Intérieur annonce pour ce mardi après-midi une rencontre avec "les représentants des associations gays et lesbiennes".
    Le ministère a précisé que seules les associations FLAG (policiers gays, signataire de la pétition du collectif "Non à EDVIGE") et Gay Lib (gays proches de l'UMP) seraient finalement présentes.

    "Fausse concertation"

    Dans un communiqué commun diffusé mardi en fin de matinée, Act-Up Paris, Aides, le Collectif contre l'homophobie, la Fédération Autre Cercle et l'Inter-LGBT ont dénoncé une "fausse concertation" et réaffirmé leur "opposition au principe même du fichier EDVIGE", annonçant qu'ils ne participeraient pas aux discussions.
    Ces associations estiment que "le gouvernement n'entend pas revenir sur l'essentiel, à savoir un fichier qui mélange des finalités d'ordre administratif et d'autres relatives à la protection de l'ordre public".
    "Selon les rectifications et aménagements annoncés par le gouvernement, dont les termes exacts demeurent encore inconnus, les données recueillies resteront donc considérablement étendues. Le fichier visera toujours des membres d'organisations désignées comme 'susceptibles de porter atteinte à l'ordre public'", affirment les associations.
    Pour elles, "avec une définition si subjective", tout militant d'une organisation associative ou syndicale "restera fichable, l'activité citoyenne restera la cible".
    "Il ne suffit pas (...) de renoncer à collecter les données sur la vie sexuelle ou l'état de santé de leurs membres ou de leurs responsables. C'est le fichier en lui-même qui est porteur de graves dérives", selon ces associations qui réclament toujours l'abrogation du fichier. (avec AP)
     

     
    Edvige: une transparence très limitée

     par Stéphane Garneri, Paul Parant pour Têtu.com

    La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie (photo) a débuté hier les consultations au sujet du fichier Edvige. Mais, comme nous l'écrivions hier (lire Quotidien du 15 septembre), un nouveau décret est déjà pratiquement rédigé. Dans ces conditions, les associations LGBT ou de lutte contre le sida qui s'étaient unies pour un recours commun devant le Conseil d'État contre Edvige (Aides, le Collectif contre l'homophobie de Montpellier, la fédération L'Autre Cercle et l'Inter-LGBT), ainsi qu'Act Up-Paris, annoncent qu'elles boycottent la réunion: «Non à une fausse concertation, oui à l'abrogation», annoncent-elles dans un communiqué commun. «Si (le nouveau décret, tel qu'il se profile, selon diverses sources) prévoit d'abandonner les aspects les plus polémiques du fichier, le gouvernement n'entend pas revenir sur l'essentiel, à savoir un fichier qui mélange des finalités d'ordre administratif et d'autres relatives à la protection de l'ordre public. (...) Il ne suffit pas, pour rassurer les associations de défense des droits des malades et des personnes LGBT et pour répondre à une mobilisation citoyenne exemplaire, de renoncer à collecter les données sur la vie sexuelle ou l'état de santé de leurs membres ou de leurs responsables. C'est le fichier en lui-même qui est porteur de graves dérives.»

    Par ailleurs, le groupe PS à l'Assemblée nationale avait réclamé hier, durant la conférence des présidents, la création d'une mission d'information parlementaire sur le fichier Edvige. Demande refusée par Bernard Accoyer (photo), le président de l'Assemblée nationale: «Il appartient à la commission des lois de décider s'il convient ou non de créer une mission d'information sur le sujet.» Effectivement, cette commission multipartite entendra demain, mercredi 16 septembre, une large série d'intervenants au sujet d'Edvige, ainsi que Michèle Alliot-Marie, jeudi après-midi. Une consultation surprenante, puisqu'on s'achemine vers un nouveau décret, et non un débat au Parlement... Dans ce contexte, quel intérêt à ce que les députés étudient la question?

    Suite et fin de l'article


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